une discussion que j’ai résumé dans mon journal.
Je relis l’horreur. La difficulté essentielle de ce jour consiste à traiter du nazisme et en particulier Mein Kampf hors de ses actions futures, sans que le livre se referme d’emblée même avant sa lecture. J’ai choisi précisément de ne pas employer le mot nazisme, de le contourner, non pas par lâcheté, mais parce qu’il fonctionne comme un signal qui annule toute pensée, parce qu’il déclenche une sorte de révulsion morale. Je voulais suspendre un peu mon jugement pour envisager une vie avec une juive dans toute sa complexité, ce que j’ai fait.
Quant à mon propre jugement, je suis parti des fours crématoires, pour envisager Hitler de l’intérieur, pour tenter de comprendre ce qu’il aurait pu ressentir face à l’horreur commise, aux homos cramés, aux bizarres stérilisés et à tous les autres.
Hitler ne me touchera jamais au plus intime, il restera une pierre, un salaud, un fou, un peureux des autres…un amour de lui-même, un selfieur en plus important. »
Marguerite Duras, et si je parlais d’elle. Je l’ai découverte puceau, j’ai cru à l’amour, parce que je n’étais pas cultivé. Aujourd’hui, hormis un titre flamboyant, elle n’a été qu’un nègre de Céline, et pour son théâtre une option entre Cocteau et Sartres. Marguerite Duras deviendra comme Giraudoux des erreurs que personne ne reconnaitra, fierté oblige. ²
Kafka a eu moins de lecteurs que moi, je n’en suis pas fier, j’en suis soulagé.

Poster un Commentaire