
L’espoir est une ligne noire.
J’aurais dû vivre jusqu’à la mort dans une grotte noire et froide, nourrit par bonté. C’était un grand ça jusqu’à je lise « le journal de Mickey » et après de ces BD à quelques centimes qui parlaient de guerre. J’aimais la guerre, surtout celles qui se faisaient dans la neige. Et puis il y a eu vers mes 14 ans les romans de « Nous Deux » pour bander, et les livres de « Bob Morane » pour l’héroïsme. Et puis en 68 il y a eu la rupture, une envie d’imiter les textes de Charles Aznavour, d’imiter les textes de Brel, d’imiter, d’imiter. J’ai écrit nul. Le principal était de commencer à sortir du noir. Devenir moi aussi petit soit-il. Quant nous avons déménagé rue de la perche j’ai découvert que je pouvais emprunter des livres gratuitement. Alors j’ai lu. Tout. Y compris ce que je ne comprenais pas. Au moins cinq livres par semaine. J’ai redoublé ma terminale, j’ai eu mon bac et je suis parti à l’armée avec « Le capital », tome 1 dans mon bagage.
Écrire a été mon soutien. Avec un stylo, avec le clavier de plusieurs machines à écrire, avec des claviers d’ordinateur jusqu’à aujourd’hui. Si je devais me faire autopsier je voudrais que ça soit Alexandra Ehle.
Je suis de cette génération encore étonnée qui voit des personnes mortes encore vivantes au travers des images mouvantes. Qui de mon milieu en 1960 aurait pu en faire même un bout ? Trop chère.
Là, pendant que des inutiles cherchent à trouver une image mouvante de Proust ou une photo originale de Rimbaud, ils devraient filmer un réel. Le notre. C’est ça que je veux pour moi, la dictature de mon idéologie.
J’ai pris un abonnement sur X. C’est moi qui ai décidé. La seule depuis que je suis sur ex twitter. Est-ce que je faiblis ?
Il y a quelques voix qui me maitrisent depuis que je suis en retraite, et surtout, excuse-moi Karen et les deux autres, lui l’obèse un peu plus que vous les filles.
La mort n’est qu’une absence de temps.

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