et de ma vie.
Je me demande si Picasso faisait du sport, s’il existe un être sans eau, si N… aime les cubes, si le jour est plus beau que la nuit, si Dieu a été inventé pour ne plus vivre ou pour mieux mourir. Ce matin s’annonce bien interrogative.
Mort de Peter Brook. J’ai vu tant de lui que j’ai pu depuis le Mahabharata. Pas assez. Ce que je retiens de sa théorie sur l’espace vide est une théorie rigoureuse de la liberté et de l’inventivité. Et ce qu’elle a de plus moderne, la sobriété. Dans chacune de ses pièces ce que j’ai pu voir, entendre, ce n’était pas seulement les comédiens, aussi la lumière (avec ou sans), la décoration, la musique, la peinture, le sol, le ciel. Il mettait tout à égalité de talents. Voilà, entre autre, pourquoi il était un grand metteur en scène, un de ceux qui m’a donné envie.
L’ennui est le plus gros consommateur d’alcool, tout abus est dangereux pour la santé.
J’écris du théâtre bref comme les couturières rapiècent des chaussettes avec passion et automatisme.
La mort c’est la mort, la vie c’est un peu de vie.
Vous êtes écrivain si vous circoncisez le R.
Un ventre qui gonfle, des cheveux qui blanchissent, un souffle inquiétant, des veines qui se durcissent, des yeux assombris, des doigts qui vont se rétracter, me voilà certain de m’aimer si je constate ça.
Je re-relis Shakespeare sans pouvoir me confronter à une évidence. Il dit mais il dédie, il parle sans préciser, il est précis sans parler, il est l’homme du texte et son texte peut remplir un homme. À force de le lire, aujourd’hui je peux rire de quelques répliques faibles, mais mon rire restera toujours bleu de jalousie.

Poster un Commentaire