Himmler, visitant un camp de concentration, extrait du livre « La déchetterie des jouissances ».
Les personnages
L’OFFICIER : Himmler.
JULES : un détenu.
UNE FEMME : femme de l’officier.
L’officier visite un camp dans un bruit de bottes.
L’OFFICIER
J’aime bien le bruit des bottes. C’est qui lui ?
JULES
Monsieur, dans ce camp il y a des problèmes.
L’OFFICIER
Je sais, tu pues. Vous puez tous comme des porcs que vous êtes.
Au loin des hommes, femmes, enfants sont alignés. Un militaire arrive. Il tire en l’air avant de les assassiner.
L’OFFICIER
Souriant. De l’oxygène vital en plus, nous le méritons.
JULES
Monsieur l’officier, nous avons faim.
L’OFFICIER
Nous sommes en guerre. Un soldat pousse brutalement Jules. Non, non, il me fait rire. Pourquoi as-tu faim ?
JULES
Parce que je ne mange pas.
L’OFFICIER
Pourquoi tu ne manges pas ?
JULES
Ce camp n’est pas un potager, c’est un fumoir.
L’OFFICIER
Tu ne me fais plus rire.
JULES
Monsieur l’officier, je ne suis pas un clown. Même si j’ai travaillé dans un cirque.
L’OFFICIER
Que faisais-tu dans un cirque ?
JULES
Je nettoyais les cages des fauves.
L’OFFICIER
Ici tu dois être à ton aise.
JULES
Ils ne sont pas tous gentils.
L’OFFICIER
Pas tous ! Donc il y en a qui sont gentils ?
JULES
Non.
L’OFFICIER
Qu’on en fusille cent !
JULES
Je ne parlais pas des comme moi, mais d’eux.
L’OFFICIER
Qu’est-ce qu’il a ?
JULES
Un des chiens m’a mordu la jambe. Un féroce.
L’officier sort un révolver et tire une balle dans la tête de Jules.
L’OFFICIER
Je rentre chez moi, vous ne me dérangez pas, ce soir c’est l’anniversaire de ma fille.
Il rentre chez lui.
UNE FEMME
Tu as passé une bonne journée ? Elle était fatiguée, elle se repose. Une femme très maigre apparait. Si j’ai besoin de toi, je t’appellerai. Elle ouvre une trappe et disparaît.
L’OFFICIER
C’est la nouvelle.
UNE FEMME
Toutes les semaines tu les changes.
L’OFFICIER
Si ça te gène, celle-là tu pourras la garder deux semaines.
UNE FEMME
Je m’en fiche. J’aimerai bien en avoir une noire.

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