J’y suis pour rien. Ce matin j’ouvre le journal et je lis des choses affreuses, j’y suis pour rien. À force d’entendre que les requins sont en voie de disparition en méditerranée des mecs sur des embarcations, qui ne sont pas aux normes européennes, je tiens à le préciser, se jettent à l’eau pour les sauver. La plupart sont tellement ravis de nager avec les requins qu’ils ne remontent plus à la surface. J’y suis pour rien. Trump qui gagne Biden, j’y suis pour rien. Cette femme qui s’est faite violée, j’y suis pour rien. D’ailleurs je n’y étais pas, j’étais avec une honnête femme mariée. J’ai le droit…ma femme est dans un Ehpad. Elle a encore sa tête mais ce qui lui manque s’est le cerveau. Elle l’a grillé en ingurgitant un kilo de mort-aux-rats. Moi j’aurais pas pu. Mais elle a toujours eu beaucoup de volonté. Le commissaire m’a soupçonné un moment… Il a exigé de connaître mon alibi. Il la connaissait très bien l’infidèle, c’était sa femme. Il en a conclu que j’y étais pour rien.
Y a aussi cette affaire de cochonnaille…un tchéchène qui voulait montrer à son patron qu’il était capable d’égorger un mouton en tout lieu et en toute circonstance. Vous devez vous en souvenir…son patron dirigeait un abattoir…il a exigé qu’il fasse ses preuves avant de l’embaucher…Il s’est mis en quête de trouver un mouton en liberté, en pleine ville. Mais où en trouver un ? Sur internet bien sûr. Un homme lui a indiqué le lieu et l’heure où le mouton sortait de son enclos, à côté d’une belle école…Il a bien égorgé le mouton mais comme il avait laissé la tête de la bête dans la rue au regard d’enfants innocents, la police l’a arrêté. Manque de bol, le mouton appartenait à quelqu’un. Mais j’y suis pour rien. J’étais à l’Ehpad pour voir ma femme. Un vrai légume. De quoi faire un-pot-au feu.
C’est comme l’affaire des écoutes de Sarkozy, j’y suis pour rien. Et puis lui non plus. Il écoutait, mais il ne répétait rien. Ce n’est pas comme ma belle-sœur qui répète à qui de droit que j’ai assassiné sa sœur alors que j’y suis pour rien. Comme dirait Fernand, les gens sont méchants.

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