Création de Jennifer Cabassu & Théo Bluteau
Rien à voir avec le spectacle, seulement une réflexion qu’un directeur retraité du ministère de la culture m’a dit, quand j’ai donné mon avis sur une pièce qui, bien qu’elle soit jouée dans un théâtre nationale, n’avait rien de théâtrale, mais était plutôt à classer dans la catégorie « exercice littéraire », m’a répondu : quand un créateur fait, la création est. Grande réflexion ! En effet cette pièce à deux faces, deux parties, qui durait une heure quinze minutes. Dans la première toutes les phrases commençaient par « mon père disait », et il en disait ; dans la seconde « ma mère disait », elle en disait moins. L’anaphore, c’est une bonne figure de style à condition qu’on ne nous la foute pas dans la tronche pendant une heure quinze. À ça, lui qui avait accueilli cet auteur en résidence, m’a répété une deuxième fois, idiot que j’étais : quand un créateur fait, la création est. À quoi je lui ai répondu : qui dit qu’un tel est un créateur ? Voilà ! J’avais envie de parler de ça, et je l’ai fait. Est-ce que c’était intéressant ? Pour quelques-uns, certainement.
Donc ce soir. Brady ! La personnification. Une figure de style déployée dans ce spectacle. En trois séquences. De ce que j’ai compris. Tabu, un chien, raconte l’histoire de Brady, un homme qui voulait être un champion du muscle à l’image d’Arnold Schwarzenegger, son idole. Séquence une, Tabu raconte l’amour du corps parfait vu dans l’antiquité. Séquence deux Brady, homme flasque se transforme avec moulte drogues et d’exercices pénibles à avoir un corps de l’apparence. Il participe à monsieur Univers, (enfin je crois), et il gagne. Séquence trois, je n’ai pas compris le sens, sinon qu’il était redevenu à une certaine normalité. Le fait de mettre en scène un vrai chien à ce moment-là ????
J’ai dû lire la note d’intention.
Je n’ai pas entendu l’égo de Brady, mais vu une addiction. Rien de son passé, si peu.
Pourquoi cette voix suave et presque monocorde pour jouer Tabu ? Ce parti pris, et celui de présenter ce spectacle sans distanciation, comme une variété, était très osé.
La scène de la chrysalide qui se transforme en papillon, (c’est une image), a la lenteur et la maladresse du réel.
L’humour que dégage le texte à certains moments est amoindri par une mise en scène trop statique.
Je ne veux pas en dire plus. Des comédiens à suivre
À vos boites mails…

Poster un Commentaire