LES PLAIES, mon nouveau roman

Le premier paragraphe. 264 pages. En calibri 12. En libre lecture pour mes abonnés avant publication en juin. Envoi dans vos boîtes mails. Dites-moi ce que vous en pensez. Je crois que c’est un grand roman dans ses thématiques, aussi dans son style. Enfin, à vous de me dire.

À la fin. Je n’ai jamais aimé vivre, c’est comme ça, je suis née, il a fallu que je respire. Pas forcément à contre vent. Le plus souvent par habitude je vivais, j’essayais des fois d’exister quand il n’y avait pas grand monde, hors de ceux qui parlent fort, à passer les mots sous un rouleau compresseur, à m’étouffer. J’avais beaucoup de choses à dire,   je n’ai rien dit bien souvent, parce qu’avec une jambe en moins il aurait fallu que je sois moins lâche, moins dans l’alcool, pour plus m’immerger avec les autres que je n’aimais pas et dans les jours qui me dépassaient. Mais qu’est-ce qu’ils m’ont dit jusqu’à la fin ? Que je devais respirer, oui, respirer c’était un devoir en premier pour respecter ses parents et pour ne pas mourir. Belle fantaisie du temps que la respiration. 

La voisine, la seule qui me visite, m’a amené ce journal. Je le feuillette, les mots que j’ai mis dedans prétentieusement, ici, ils me font rire. Je croyais comprendre, j’écrivais parce que, moi, dans moi, j’étais moi, et eux, il ne pouvait pas comprendre que moi j’étais unique. Bla, bla de la vie… une connerie. Moi, moi, moi. Je vais lui demander de le reprendre et de le brûler. « Quand un homme meurt, c’est toute une bibliothèque qui… », Pourquoi est-ce que j’ai recopié cette connerie ? J’en sais maintenant plus. Quand on meurt ce n’est pas de la conscience qui s’effrite, mais de l’engrais qui se crée. Être sur un lit de mort a un avantage, rien de pire ne peut arriver. J’ai refusé le curé, pas pour vexer, mais parce que rien n’existe, même pour le présent j’ai toujours eu un doute.

Je n’ai presque plus mal. De la drogue. « Ce cancer tue aussi sûrement qu’une balle en pleine tête » avait dit l’infirmière. Une autre Gertrude, avec le même en mon temps. Encore quelques jours. À voir les tronches des autres malades, je ne serai pas la seule à retourner en poussière, va y avoir du tirage cette semaine. Le four va ouvrir sa gueule et nous brûler les fesses. Je n’aurais pas dû naître, je suis née par le hasard d’un coup de foutre, je regrette tout.

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A propos de encrier310154 932 Articles
Je suis né en 1954. Enfant de la DASS, placé dans une famille d'accueil, j'ai dû rapidement travailler. Ce qui ne m'a pas empêcher de suivre des cours du soir et d'obtenir un DESS en sciences économiques. Parallèlement j'ai découvert le théâtre. De 1975 à 1980 j'ai travaillé le jeu d'acteur, puis les deux dernières années j'ai suivi des cours théoriques sur l'histoire du théâtre. J'ai commencé à écrire vers 16 ans, mais du fait d'un temps de travail important, je n'ai pu qu'écrire des synopsis pendant une quarantaine d'années. Depuis 2016, année de ma retraite, je les travaille.

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