CÉCILE

La Mégisserie, Scène Conventionnée de Saint-Junien, le 18 janvier 2026.

Une présentation de la vie singulière de Cécile, comme le sont toutes les vies pourvu qu’il y ait quelqu’un  qui veuille s’y attarder. Rien de bien nouveau  dans cet autoportrait, mais s’agit-il seulement d’un autoportrait ?  Cécile raconte quelques blocs de sa vie, qui part de son berceau à l’âge adulte, souvent des anecdotes, des opinions aussi. En intro, Marion Duval, la metteure en scène, en présence de Cécile assise sur une chaise, apporte quelques précisons sur le spectacle, enfin des précisions qui auraient été moins floues si elle n’avait ni bu, ni pris quelques cachets. À moins que son numéro de foldingue à l’ouest s’il faisait parti du scénario, alors  il était très réussi. Dès le début, Cécile précise qu’elle ira comme Marion, certainement au cours du spectacle, dans tous les sens, que le public avait l’autorisation, le pouvoir de la remettre sur les rails ce qui ne manqua pas dans les minutes suivantes. La fusion souhaitée entre salle et scène m’a tout de suite mis mal à l’aise. Qu’il soit même souhaité dans un numéro de clown, dans un cirque,ok pour cette intimité. Dans un théâtre !!! Le parti pris était donné avec une priorité à l’humour sous ses formes diverses :potache, jeu de mots, autodérision, comique de situation, ironie, etc

Donc, des morceaux de vie retenus, que retenir ? Cécile bébé dans son berceau, Cécile animatrice chez les handicapés, Cécile clown à l’hôpital, Cécile dans le porno pour sauver des arbres, Cécile zadiste, Cécile et son père, sa vie s’égrenait façon « Martine à l’hôpital », « Martine et son papa », etc.

Je suis parti à l’entracte. J’ai souri ; une émotion, une fois, la mort de Kevin.  Je n’étais pas fait pour voir ce spectacle. Comme je ne lis jamais les notes d’intention, je ne sais pas ce qui m’attend. Ici, rapidement, je voulais comprendre ces choix, comment elle est passée de clown à zadiste par exemple.

L’originalité du spectacle est qu’il assume être  avalé par les improvisations, le manque de rigueur, mais aussi la performance indéniable de Cécile Laporte.

PS : une des raisons pour laquelle je n’ai pas accroché est ma propre vie.

1954 : naissance, fratrie de 5 plus une 1/2 sœur. Caractéristique de notre vie : la faim.

1960 : mort de maman le 28 mai, départ de mon le 29 mai. Placement de la fratrie dans une ferme. Ma demi-sœur retournant chez ses parents adoptifs. Caractéristique : le travail à la ferme.

1964 : retour du père. Nous retournons avec lui, y compris notre demi-sœur, qu’il viole. Elle aura deux enfants.

1968 : ma demi-sœur porte plainte. Jugement. Mon père fait de la prison. 6 ans.

Caractéristiques : je lis « Oliver Twist », un sacré veinard. Découverte de la bibliothèque. Je lis beaucoup. Je commence mon journal.

1972 : mon bac et mon départ à l’armée avec « Le capital livre 1 » dans la valise en fibrine.

Caractéristiques : dépucelage dans un bordel à Mulhouse avec un sergent magouilleur et Susie. Découverte du théâtre.

1973 : inscription Lille 3 en économie. Je rencontre un congolais. Direction le Congo pendant 5 ans, aventures extra-terrestres.  

Caractéristique : je rentrais en  France de juin à septembre,(en juillet Avignon),  pour les examens et pour gagner des sous.

1978 : retour définitif en France.

Etc. Etc.

A propos de encrier310154 932 Articles
Je suis né en 1954. Enfant de la DASS, placé dans une famille d'accueil, j'ai dû rapidement travailler. Ce qui ne m'a pas empêcher de suivre des cours du soir et d'obtenir un DESS en sciences économiques. Parallèlement j'ai découvert le théâtre. De 1975 à 1980 j'ai travaillé le jeu d'acteur, puis les deux dernières années j'ai suivi des cours théoriques sur l'histoire du théâtre. J'ai commencé à écrire vers 16 ans, mais du fait d'un temps de travail important, je n'ai pu qu'écrire des synopsis pendant une quarantaine d'années. Depuis 2016, année de ma retraite, je les travaille.

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