Théâtre de l’Union, le 28 novembre 2025.
TEXTE ET MISE EN SCÈNE MASSIMO FURLAN ET CLAIRE DE RIBAUPIERRE. Avec Davide Brancato, Giuseppina Carlucci, Rita Sperti, Lucia De Giovanni, Anna Guarino, Ali Lamaadli.
Ce spectacle m’a donné beaucoup à écrire. J’en retranscris ici que la synthèse. Mes amis, dans vos boîtes mails. (J’y ai passé plus de deux heures, alors, lisez).
Quatre italiennes arrivent en Suisse pour suivre leur famille, pour chercher du travail. Nous sommes dans les années 50-60. Nous suivons aussi le petit fils de l’une d’elle, un homo en plus d’un musulman. Le spectacle raconte rapidement ses six vies. Une remarque : depuis le début de saison, (mais aussi les saisons passées) avec Matrices, Annette, et ce soir, je déduis qu’il est très tendance de narrer des parcours de vies, des tranches de vies, des morceaux, des vies singulières, comme l’est toute vie. Ah oui, ma femme est née de l’holocauste, et moi de l’holodomor. Elle, avec un four qui lui taraude le cerveau depuis son enfance; moi avec un père victime de guerre, amputé, marié trois fois, violent, alcoolique et incestueux. À coté de notre enfance à la DASS, l’orphelinat d’Oliver Twist nous aurait paru, à mes cinq soeurs et deux frères, un parc d’attraction gourmand au sens d’un dessert gourmand.
Donc, le spectacle. De la tendresse immanente qui germe des comédiennes. Leurs hésitations, leurs temps morts, leurs voix font récits de leurs vies simples, et ma foi, assez banales. Écrire simple sans être simpliste, c’est compliqué. Ici, c’est réussi. Mais encore!
La première scène, celle du défilé Drag Queens”. Le message est clair : ce sera le thème de la diversité, diversité sexuelle, diversité culturelle avec l’introduction d’Ali.
La deuxième : celle de la lasagne géante qui fonce dans l’univers façon vaisseau spatial. Il fallait oser. J’n’y ai pas vu de sens, hormis une image du film “Planète Interdite”.
Cette autre scène m’a par contre déçue: une terre qui appartient à tout le monde, c’est pauvre de banalité. C’est une utopie entendue mille fois et plus. Elle m’a fait penser à une scène du film, « le dictateur », de Chaplin, à la différence qu’ici le ballon-terre faisait du bruit en touchant le sol, que dans le film elle éclatait.
L’intervention d’Ali, et son discours qui met en opposition sa difficulté à être accepté en Suisse, et la gentillesse bienveillante de l’accueil des étrangers au Maroc…Nous sommes dans un cas particulier, où une réécriture, où alors cet accueil doit mis entre guillemets. Voilà pourquoi. Ma belle-mère était Algérienne, devenue française, 93 ans. Elle nous rappelle rarement que dans les années 50-60 les femmes maghrébines ne portaient plus de voile, les jupes étaient tolérées. Nasser en 1953 n’a t-il pas dit que le port du voile était ridicule. Après un voyage dans son ex, elle a vu la détestation de la France, que l’accueil était seulement intéressé, que les femmes étaient revenues au point de départ. Alors, y a t-il une exception Marocaine? Ah oui! j’allais oublié. Les cartes de séjours en Suisse, il s’est posé pour le spectateur cette question brulante : le droit du sang ou du sol. Ici, avec le jeu des comédiens, le parti était pris.
Celle de la presque fin, la rencontre entre le petit fils d’une Nonna, (je ne me rappelle pas laquelle), homo et Ali, disons qu’elle est, hormis si celui-ci est aussi de la communauté l’homo, je peux vous dire par expérience qu’elle peut se vérifier dans le milieu artistique, ailleurs!!!
Donc Ici, il ne s’agit pas de divertir, pas de grosses émotions, il faut être didactique et dire, comme un des personnages, « je vote toujours à gauche ».
La scène de fin avec le thème de l’identité, à Avignon, chaque année, ça laboure bien.
Alors ! La recette des lasagnes est encore à trouver. ce que je remarque dans le lasagne, est que les couches ne se mélangent pas, même si elles sont faites des mêmes ingrédients.
Le côté musical donne bien du tendre entre deux couches de pâtes.
Les vies, quand elles sont exposées, elles sont toutes manipulées. Il y a toujours des prérequis, en tant que spectateur, j’essaye de prendre la dérive pour mieux apprécier le spectacle.

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