Les personnages
LE TUEUR
L’ANGE

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Le tueur avec deux boulets reliés à une chaîne autour du cou pointe son arme.
LE TUEUR
Haut les mains ! Faites ce que je vous dis. Je suis dangereux. « Dangerous » comme diraient les flingueurs. Je suis recherché dans tous les états.
L’ANGE
Il est inutile de te mettre dans des états pareils pour des clopinettes.
LE TUEUR
Des clopinettes ! La police me connaît sous le nom de « Le tueur ». Je tue aussi facilement que d’autres respirent.
L’ANGE
Tu ne respires pas.
LE TUEUR
Je laisse ça aux autres, je n’ai pas le temps.
L’ANGE
Es-tu certain que je dois lever les mains ?
LE TUEUR
J’en suis certain. Si tu veux lever les pieds en sus, je n’y vois pas de problème.
L’ANGE
Lever les pieds et les mains en même temps c’est coton. Je ne suis pas contorsionniste. Quoique.
LE TUEUR
La bourse ou la vie ?
L’ANGE
La réponse ne se pose pas puisque je n’ai pas de bourse.
LE TUEUR
Plus hauts les mains. Il le fouille. Qu’est-ce que tu as dans le dos ?
L’ANGE
La peur me donne des ailes.
LE TUEUR
Tu ne serais pas bossu par hasard ?
L’ANGE
Le hasard n’a rien à voir là-dedans, c’est plutôt une question de génétique. Je suis un ange déchu. Enfin, je deviens un ange déchu quand j’ai peur. Sinon je suis quelqu’un de normal, pas comme toi.
LE TUEUR
J’ai l’habitude d’avoir affaire à des gars comme toi, la plupart du temps la peur leur donne plus la diarrhée que des ailes.
L’ANGE
Je te dis c’est génétique.
LE TUEUR
Il n’y a rien de génétique chez les froussards. Je les pratique depuis ma plus tendre enfance. J’en ai peur. Oui monsieur, j’ai peur des froussards, c’est pour cette raison que je les braque. Pan, pan, j’affronte ma peur.
L’ANGE
Affronter ses peurs c’est bien, jusqu’au « pan, pan »
LE TUEUR
Mets ça à tes pieds. Il lui jette les boulets.
L’ANGE
Ce ne sont pas des chaussures.
LE TUEUR
Je ne veux pas que tu t’envoles avec mon pognon.
L’ANGE
J’ai des ailes, pas de bourse. Je suis un ange déchu, fauché comme les blés, volant comme une sauterelle, portant le malheur comme un chat noir.
LE TUEUR
Sur le marché de contrebande, une paire d’ailes d’Ange, me rapporterait… il tape sur son portable… un million d’euros, minimum. Je crois que j’ai gagné le gros lot.
L’ANGE
Elles ne vous rapporteront rien.
LE TUEUR
Comment ça ?
L’ANGE
Mes ailes n’apparaissent que pendant des moments de peur. Quand je n’ai plus peur, elles disparaissent comme par enchantement. Voyez, touchez, elles ont disparu. Le tueur lui caresse le dos.
LE TUEUR
Vous n’avez plus peur de moi.
L’ANGE
Au début vous m’avez pris par surprise. Maintenant je sais qu’au fond de vous il y a du bon. Au fond. Dans les douves de votre âme.
LE TUEUR
Et si je vous tuais ! Il lui caresse le dos. Toujours pas là.
L’ANGE
La peur me donne des ailes, mais pas toutes les peurs.
LE TUEUR
Pour une fois que je tombe sur un ange, patatras c’est un ange qui a des humeurs. J’ai des ailes, j’en ai plus, tu me fais peur, je n’ai plus peur. Comment je pourrai devenir riche avec cette poisse ? C’est quoi ce bruit.
L’ANGE
C’est un diable qui sort de sa cachette. Les cornes des diables sont en pur ivoire. En plus, en poudre et mélangées avec du lait écrémé de Licorne, elles donnent un sacré… des sacrés… enfin tout ce que l’homme souhaite.
LE TUEUR
Voler des ailes à un ange, il n’y a pas de danger, les anges sont gentils, tandis que scier les cornes d’un diable, j’hésite.
L’ANGE
Qu’est-ce que vous faites ? Vous n’allez pas ! Non ! NONNNN.

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