MÉMO

…de mon temps.

Dans les romans des miens, il faudrait que je rajoute de la cacophie qu’un seul personnage entendrait. « Il est en train de pisser dans l’évier. » Rien de nouveau sauf si l’objet est définition.

Depuis que je suis bébé je sais la servilité. Avec un peu de révolte, et des transgressions évidemment, mais toujours le dos courbé. Aujourd’hui ça se voit avec mes rapports aux autres, rapports que j’évite au maximum. Un coup de téléphone, j’appelle Piscine Ambiance, ironie je ne vais jamais dans l’eau sauf avec des bébés, bref j’appelle pour venir, et la voix me dit qu’ils ont 40 appels par jour et que là ce sera pour fin juin. 10 mai. Alors je fais mon cinéma, aujourd’hui d’un vieux qui va accueillir ses petits enfants, etc. Je raconte ça à ma chérie, elle proteste, elle m’engueule, elle ne m’aime plus quand je suis dans cette situation.  Ce qui fait que je rejette les sollicitations. Je n’ai rien à dire, un peu à écrire.

Les ingénieux, les malins, les inventifs, avec l’appui de bons capitalistes font progressivement un monde de jeux et de plaisir pour les occidentaux les plus influençables, les plus démunis, les pis d’un système bien rôdé : donnez leur des jetons, ils oublieront la roulette.

Pour faire simple. L’occident est suicidaire, le Maghreb dans sa culture, les islamistes dans leur suicide, l’Amérique dans une démission, la Chine dans un entre-deux, l’Inde morte virtuellement, et les autres. Il faudrait me mettre sous la torture pour que je prédise encore quoique ce soit.

Feuilleter tous les jours des livres sans les lire(s) vraiment.

La connerie ne tue pas. Ce matin j’ai été le plus heureux, parce que j’ai pu commander le bloc à couteaux, autant de joie même plus que s’il y avait eu la paix en Ukraine.

Sur les réseaux sociaux nous sommes des exploités. Bonjour les milliards d’exploités et heureux de pouvoir communiquer, enfin d’être comme niquer. Et comme il faut des contremaitres, les influençeurs et influençeuses sont très utiles, comme les capots. Alors suis-je aigri ? Non, j’ai toujours refusé d’avoir un seul abonné, même si je sais que je n’en aurai jamais cent. Mais qu’importe. Faisons l’éloge que faisait les journaux publics comme le monde et libération pendant le printemps arabe. L’éloge des réseaux sociaux. Une connerie. Les réseaux sont plus souvent des collaborateurs pour les puissants que de la liberté. Et pour les milliardaires, ce ne sont que des profits d’autant plus importants que les ânes de Panurge (oui, je sais), plonge dans le virtuel, tout bonus pour eux.

Tout est à savoir, mais savoir tout et ne rien renoncer est utopique et stérile. Il faut d’abord se penser pour pouvoir trier le savoir.

Les médias, aujourd’hui de la téléréalité, ne sont que des trucs, pour eux faire du pognon, pour nous à ne pas trop penser à la mort.On meurt tous.

Écrire est plus épais que parler.

Le présent, balle au centre. Le passé perpétuellement retravaillé pour tant d’occasions : le diplôme, le buzz, l’argent. Le futur pas moins bien : avec le GEC pour aider l’humanité, pour les romanciers du fait divers avec du pour le pognon l’intelligent. Quant au présent… ma fille appelle.

Il n’y a pas de démocratie vertueuse, il y a seulement des démocraties culturelles quand l’intérêt fait loi. Et des malins.

Je n’écris pas comme je parle, j’écris comme je pense.

Écrire n’est pas une option. Elle est une concentration, j’en suis incapable. Pour mes conneries d’une minute…je suis doué. Pour mes textes courts, j’ai encore de l’effort. Sur la longueur je ne suis rien.

Damien pour prendre des cartons. Ils vont s’installer à Dijon. Ma Ninou, Dada et un reste de vie que je leur souhaite tellement hors sol…enfin en ce qui concerne l’amour…et très sol pour comprendre l’humanité…impossible…pour comprendre quelques humains et en plus ceux-là seront en majorité malades. 

Quand je pense à un truc important, et que j’oublie…j’oublie son importance, et je me dis qu’une pensée est toujours limitée à l’importance que je donne à ce que je pense. Alors que tout est futile, mais encore respirable. En Occident.  

Je n’ose même pas lire ce que j’ai écrit.

Avant de crever, j’avais tant d’écriture à ne pas écrire ! Je dis crever parce que qu’un corps crève littéralement lentement quand il n’est plus qu’une serpilette. Même pas une peau. Même pas un objet qu’aurait imaginé un mengele.

Ce qui est éternel c’est la mort…ah oui, le paradis, la résurrection et tout le reste. Oui, tout ça est un reste de la peur, une peur que j’ai lu dans un film nul, une peur primale…les minorités diraient…discrimination…alors disons une peur transgenre pour faire plaisir.

Vendredi au théâtre de Feytiat parce que je l’ai promis à Flavie. Par rapport à sa copine. Je ne mentirai pas, mais je mettrai mon curseur en fonction des cinq premières minutes, et de mon plaisir.

Nathan escalade sa vie. Il nous a demandé de choisir une des trois photos prises, j’imagine par celui qui empoche. « Ôh, papa ! » Sandrine pointe du doigt.

Sandrine me reproche l’état du jardin. Lui, il est comme je suis en ce moment, et comme toujours. « Moi, que je lui dis, je n’ai pas une petite dizaine de jardiniers comme Monet pour me donner de la lettre. » Un jeu de mots stupides qu’elle me fait remarquée « lui c’était de la couleur, pas des lettres, et il avait l’argent pour. » Pourquoi décrire le jardin, je le suis.

J’ai une pension de retraite pour faire vivre ma famille en cas où, mais avec si peu d’économie !…seulement pour ma femme après moi.

A propos de encrier310154 932 Articles
Je suis né en 1954. Enfant de la DASS, placé dans une famille d'accueil, j'ai dû rapidement travailler. Ce qui ne m'a pas empêcher de suivre des cours du soir et d'obtenir un DESS en sciences économiques. Parallèlement j'ai découvert le théâtre. De 1975 à 1980 j'ai travaillé le jeu d'acteur, puis les deux dernières années j'ai suivi des cours théoriques sur l'histoire du théâtre. J'ai commencé à écrire vers 16 ans, mais du fait d'un temps de travail important, je n'ai pu qu'écrire des synopsis pendant une quarantaine d'années. Depuis 2016, année de ma retraite, je les travaille.