Ma tête est de la boue. Je boue. Je ne peux rien mettre en ordre. J’ai dix idées à la minute depuis que je suis à la retraite. Faut croire que se consumer n’est pas une question d’âge, de testostérone, de désir, de baise, comme Albert Camus n’a pas vécu. Si sa bite avait été plus intelligente que son génie, elle lui aurait dit : « Ta jeune suédoise, tu pourras te la faire n’importe où. »
Ce qui est intéressant de n’être pas un intellectuel, comme Michel Bouquet, avec pour moi le plus d’être vieux, c’est de n’avoir aucune contrainte, hormis une éthique mouvante que je me fixe.
Créer c’est n’importe qui, n’importe comment, n’importe où, avec une piquouze. Pour certains c’est rien, d’autres l’intelligence, lui le sexe, la drogue, l’alcool, ou tout à la fois. . Pour moi c’est l’habitude. J’écris bien quand je suis dans un lieu qui m’a autorisé. Ma retraite, la chambre de Nathan. Tout est à la bonne, quand je pose mes pieds sur le lit, pour poser mon clavier sur mes cuisses, je…le micro-onde sonne…j’y vais…je dois y mettre mes endives à gratiner.
Ma femme. Mes enfants. Une patinoire.
Ma pensée est tellement atrophiée que j’en viens à penser l’inutile.
J’ai une fin de vie idéale, même si elle reste encore à écrire. J’aime bien ma vieillesse.
J’aime plus la beauté que la création.
Filmer n’est pas voir, c’est au moins tourner autour d’une puce, aujourd’hui au plus c’est mettre la puce dans un univers méta et en faire…une illusion.

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